Le mot de Sophie

«Lors d’une visite au service de garde de l’école Jean-Lemonde à Laval, j’ai fait la rencontre d’une jeune fille de 10 ans «pas ordinaire». La curiosité, la détermination et la grande maturité de Sophie m’ont beaucoup touchée. Sophie est atteinte de paralysie cérébrale. Voici les propos qu’elle m’a généreusement confiés que j’ai résumés pour vous.

Sophie, quelles sont tes activités préférées ?

J’aime beaucoup la danse, le théâtre, l’improvisation, la musique, le chant et participer à des spectacles.

As-tu des amis ?

Quand j’étais plus jeune, c’était plus facile de m’intégrer. Maintenant, j’ai quelques amies, mais j’ai peur qu’elles se lassent de moi, je vais donc moins souvent vers elles.

Est-ce qu’il t’arrive de te sentir différente des autres enfants de ton âge ?

Quelquefois, il m’arrive d’en avoir assez d’être «l’handicapée». Lors de mes cours de danse, ça me rend parfois triste de ne pas pouvoir faire comme les autres. Aussi, quand j’ai envie de discuter, je sens parfois que les gens s’impatientent, car je parle lentement et ils ont du mal à me comprendre.

Qu’as-tu envie de dire aux enfants du service de garde qui se moquent parfois des différences de leurs amis ?

Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse. Pensez à ce que vous ressentiriez si on vous humiliait devant tout le monde.

Qu’est-ce que tes éducatrices pourraient faire à ce sujet?

Je préférerais pouvoir me confier à elles et qu’elles m’aident à trouver des solutions pour que je puisse régler moi-même les conflits, car je ne suis plus un bébé.

Au service de garde, est-ce qu’il y a des activités auxquelles tu aimerais, mais ne peux participer ?

Parfois, il y a des activités auxquelles je ne peux pas participer, mais ça ne me dérange pas, car je suis souvent fatiguée en fin d’après-midi. Par contre, j’aimerais pouvoir faire une activité différente plutôt que de regarder les autres jouer.

Comment tes éducatrices pourraient-elles t’aider ?

Simplement en étant plus à l’écoute des suggestions que je leur fais. Si l’activité que je propose ne semble pas appropriée, je voudrais qu’elles m’expliquent pourquoi.

Quels conseils pourrais-tu donner aux éducatrices qui ont des enfants différents dans leur groupe ?

Il faut dépasser la peur de l’inconnu et aller vers l’enfant, ne pas hésiter à poser des questions. La meilleure façon d’intégrer un enfant, c’est de le reconnaître pour ce qu’il est, avec sa différence. Il est important d’avoir confiance en ses capacités et lui confier des responsabilités.

Que penses-tu de l’intégration sociale ?

L’intégration est une bonne chose. Je pense qu’on gagne à être tous «mélangés».

Qu’aimerais-tu faire quand tu seras grande ?

J’aimerais devenir chimiste et faire de la recherche pour découvrir de nouveaux médicaments.

Quel est ton plus grand rêve ?

Bien sûr, ne plus être un enfant handicapé serait mon plus grand rêve. Je souhaite aussi qu’on arrête de croire que les personnes handicapées ne peuvent rien faire. Rien n’est impossible, c’est seulement que le défi à relever est plus grand!

Merci Sophie !

Geneviève Pellerin